Et si innover ne consistait pas toujours à ajouter davantage de technologie ? La démarche low-tech propose au contraire de questionner nos besoins pour concevoir des solutions utiles, accessibles, durables et économes en ressources.
La low-tech – que l’on peut traduire par « basse technologie » ou rapprocher de l’innovation frugale – ne désigne pas une technologie particulière. Il s’agit avant tout d’une démarche de conception. Pour l’ADEME, elle consiste à maximiser l’utilité sociale d’un produit, d’un service ou d’un procédé tout en maîtrisant son impact environnemental. Elle invite d’abord à questionner le besoin : de quoi avons-nous réellement besoin et quelle est la solution la plus simple pour y répondre, en intégrant les trois principes :
- utile,
- accessible,
- durable.
Une solution low-tech cherche ainsi à limiter la complexité technologique et la consommation de ressources, à être robuste, réparable et facile à entretenir, mais aussi compréhensible et accessible au plus grand nombre. Elle favorise également, lorsque cela est pertinent, les ressources locales, les pièces standardisées, le réemploi et les savoir-faire transmissibles.
Discernement technologique
Pour autant, low-tech ne signifie pas « sans technologie ». Une démarche low-tech peut parfaitement recourir à l’électricité, au numérique, à l’impression 3D ou à d’autres technologies avancées si celles-ci sont réellement utiles. L’enjeu relève davantage du discernement technologique : employer le bon niveau de technologie au regard du besoin plutôt que rechercher systématiquement la solution la plus sophistiquée.
Cette approche peut trouver, par exemple, des applications dans le bâtiment. Des opérations de rénovation récentes ont montré comment partir de l’existant, utiliser des ressources accessibles et privilégier des techniques simples et maintenables pour atteindre des performances énergétiques remarquables.
Dans le Grand Est, cette logique s’inscrit pleinement dans les démarches de transition soutenues par le programme Climaxion, de la Région Grand Est et de l’ADEME. Au même titre que l’écoconception ou l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, les technologies sobres constituent un levier supplémentaire pour les entreprises souhaitant repenser leurs offres, leurs usages et leur création de valeur. Les entreprises peuvent ainsi être accompagnées et orientées vers les soutiens techniques ou financiers adaptés à leur projet low-tech.